Chyenex débarque avec l’électricité des belles années deux-mille et un regard bien d’aujourd’hui. Guitares franches, refrains qui collent, textes tirés du quotidien. Sur scène comme en studio, le trio trouve l’équilibre entre intensité et mélodie.

Le groupe, fondé il y a un peu plus de trois ans, s’est construit sur une amitié musicale et l’envie de changer de peau après des projets plus métal. Gabriel mène au chant et à la guitare, Claudia propulse à la batterie tout en ajoutant des couches vocales, et Yan, tout nouveau à la basse, amène une couleur fraîche qui redessine la dynamique. Le passage de relais s’est fait sans casse. Les deux premiers spectacles avec cette formation ont confirmé la direction: plus tranchante, plus assumée.
Claudia ne s’en cache pas, se tailler une place derrière un kit n’a pas toujours été simple. Aujourd’hui, ça clique. La présence d’une femme au cœur du rythme ouvre des portes et, surtout, élargit la conversation avec le public. On sent d’ailleurs chez Chyenex une volonté d’inclure, de parler à tout le monde et de rester accessible. Sur scène, ça rigole, ça improvise, ça brise la glace. L’idée est simple: si le groupe a du plaisir, la foule suit.
Côté parcours, Chyenex n’a jamais voulu être un groupe de reprises. Les premières dates se sont jouées avec des compositions originales, parfois avant même la sortie officielle des morceaux. Les chansons ont grandi en coulisses, puis sur les planches, jusqu’au premier album, « Don’t Kill My Vibe », paru en août. On y retrouve les thèmes phares du pop-punk: relations qui tanguent, peur de l’engagement, stress de l’école ou du travail, et ce fil conducteur d’optimisme têtu qui refuse de plier. L’écriture puise dans la vie qui avance, avec cette jeunesse de cœur que le style revendique.
Musicalement, Chyenex mélange la fougue des premiers hymnes pop-punk et une production plus moderne. Guitares en harmonie, couches mélodiques qui donnent de la profondeur, structures pensées pour tenir la route en concert. Le groupe utilise des backtracks avec parcimonie, surtout pour élargir le spectre sonore tout en restant agile à trois sur scène. Priorité au jeu, aux regards, aux chœurs, à l’échange avec la salle.
À l’antenne, « Part Time Fools » a donné le ton. Une poussée d’adrénaline qui raconte l’envie de s’élancer sans promesse, portée par un couplet accrocheur et un refrain qui libère la vapeur. « Atmosphère » montre l’autre face du groupe. Une chanson sur ces relations au bord de la bascule, quand l’attirance est là mais que les mots manquent. C’est vulnérable, direct, sans détour inutile.

Et la suite. L’hiver sera consacré à l’écriture et à la mise en place de la version 2.0 avec Yan. Un seul rendez-vous public est confirmé pour l’instant, en janvier, lors de l’événement bénéfice One more light pour la prévention du suicide. Entre-temps, le trio veut peaufiner la chimie, pousser plus loin les idées, solidifier un spectacle où tout respire: la précision, la spontanéité et cette proximité qui fait qu’après le set, on jase encore longtemps au bord de la scène.
Chyenex avance droit, fidèle à ce qui fait la force du genre. Des chansons qui parlent à tous, une scène qui rassemble et une signature qui s’affine. Si « Don’t Kill My Vibe » est la carte d’identité, la prochaine salve dira jusqu’où ce pop-punk précis et chaleureux peut aller. Pour l’instant, c’est simple. Ça joue, ça vit, et ça donne envie d’y retourner.
